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La Vierge au Coeur d'Or

Réalisation année 2017

Icône disponible sur demande

 

Notre Dame de Beauraing

La Reine au Cœur d'Or

Apparitions en 1932

 

Beauraing est une localité des Ardennes Belges, dans la grisaille du pays marinier. Le soir du 29 novembre 1932, Fernande Voisin et son frère André, accompagnés de leurs amies Andrée et Gilberte Degeimbre, vont chercher leur sœur Gilberte au pensionnant situé en contrebas de la voie du chemin de fer. La nuit tombe. Chemin faisant, la petite bande s'amuse à tirer les sonnettes des maisons proches, puis tous repartent en courant vers l'école. Albert sonne à la porte et, en attendant qu'une religieuse vienne ouvrir, il se retourne machinalement: dans la nuit, il voit au-dessus du pont une Dame toute blanche qui va et vient, les mains jointes. Il s'exclame, mais sa sœur lui répond sans même se retourner: « Tais-toi, sot, c'est une auto qui descend de la route de Feschaux. » Finalement tous regardent et voient la Dame. Ils ont peur. A ce moment, la porte du pensionnat s'ouvre, et la religieuse, à qui ils en parlent se moque d'eux: comment la statue de la grotte de Lourdes, aménagée près de l'école pourrait-elle voler? Les enfants repartent en courant; ils se retournent, revoient la Dame, courent de plus belle. Ils rentrent chez eux très émus, racontent ce qu'ils ont vu. On ne les croit pas.

 

Le lendemain, l'incident se reproduit, le surlendemain, jeudi 1er décembre, la Dame apparaît quatre fois: la mère Degeimbre et quelques personnes ont accompagné les enfants qui tombent à genoux, comme foudroyés, dès que l'apparition se manifeste. Il se passe décidément quelque chose! Bientôt la nouvelle se répand, des gens viennent se joindre aux cinq voyants; la Vierge – elle a répondu affirmativement quand les enfants lui ont demandé si Elle est l'Immaculée Conception – apparaît désormais dans une aubépine, près de la grille du pensionnat: chaque soir jusqu'au 8 décembre, fête de l'Immaculée Conception, les enfants vont y réciter le Chapelet, en  attendant l'apparition; ce soir-là, la Vierge est plus lumineuse que d'habitude.

 

Puis quatre jours se passent, sans que les enfants ne voient rien. Est-ce fini? Le « message » est bref; la Vierge a demandé aux enfants « d'être bien sages » et de revenir le jour de l'Immaculée Conception. C'est tout. Mais il y a ces chutes à genoux, spectaculaires, synchronisées, et ces extases où les enfants paraissent insensibles au monde extérieur, absorbés dans la vision de la Vierge toute de blanc vêtue, lumineuse, une couronne d'or posée sur le voile qui couvre ses cheveux, tenant entre ses mains jointes un chapelet, qui leur dira le dernier jour: « Je suis la Mère de Dieu, la Reine des Cieux. »

 

Le 13 décembre, les apparitions reprennent, se succédant à un rythme irrégulier, souvent silencieuses; mais, tous les soirs, les enfants récitent le Chapelet à l'aubépine, et fidèles et curieux se joignent à eux, de plus en plus nombreux. Le Curé reste sur la réserve, note que le mouvement de ferveur populaire s'amplifie, que des conversions et des retours à la pratique religieuse s'opèrent, notamment dans les familles des voyants, plutôt indifférentes. La presse s'empare de l'évènement, le monte en épingle. Dès médecins interviennent, étudient les extases, une polémique s'ensuit. L'évêque de Namur préconise prudence et discrétion. On écarte toute supercherie, toute suggestion des plus jeunes par les aînées, Andrée et Fernande, qui ont près de 15 ans. La Vierge parle peu: Elle vient pour donner l'exemple de la prière, faire prier une population devenue tiède en matière de religion; le 29 décembre, écartant les mains, Elle dévoile sur Sa poitrine un Cœur d'Or, entouré de rayons; les appels à la prière et au sacrifice se multiplient. La Vierge confie un secret aux enfants, puis c'est la dernière apparition, le 3 janvier 1933.

 

Avec le temps, le sens des apparitions se précise: c'est un message en profondeur, au-delà des paroles, intériorisé. Il n'y a pas de sensationnel, de surenchère au merveilleux. L'élan de ferveur initial ne s'est jamais démenti, la vie exemplaire des voyants – tous mariés, (dont il ne reste plus qu'un de vivant) – constitue un beau témoignage de la grâce reçue. Des miracles de guérisons ont déterminé Monseigneur Charue à reconnaître, en 1949, au terme d'une enquête rigoureuse, le caractère surnaturel des faits. Actuellement, le sanctuaire de la Vierge au Cœur d'Or est un des pèlerinages les plus importants de Belgique.

 

D'après « Les Apparitions de la Vierge », de Joachim Boufflet, Ed. Calmann-Lévy