Saints Donatien et Rogatien

Sent Donasian ha Rogasian ar Naoned

Réalisation février 2019

Icône disponible sur demande

 

Saint Donatien et Saint Rogatien de Nantes

Martyrs

+ 287/288

Fête le 24 mai

 

Il n'est peut-être pas de noms qui soient restés plus chers à l'Eglise de Nantes que ceux de saint Donatien et de saint Rogatien. Le peuple les a appelés les Enfants Nantais ; et cette appellation populaire semble dire que Nantes a adopté pour ses enfants de prédilection, les deux jeunes martyrs dont le sang, généreusement versé sur la terre que nous habitons, y fut la semence féconde des chrétiens.

C'était à l'époque de la persécution des empereurs Dioclétien et Maximien, la plus longue et la plus cruelle que l'Eglise ait eu à souffrir, et qui fut le dernier combat livré par le démon à l'Eglise, avant que la liberté lui fût donnée sous Constantin. Donatien et Rogatien étaient les fils d'une famille illustre de Nantes. Jeune encore, Donatien avait embrassé la foi et reçu le Baptême. Le parfum de sa vertu se répandait autour de lui. Rogatien, plus figé, fut attiré à Jésus-Christ par les exemples et les douces paroles de son jeune frère. La persécution allait commencer ; l'évêque avait été obligé de fuir : c'était peut-être saint Similien. Rogatien ne put recevoir le baptême ; mais, comme le disent les actes des martyres de nos jeunes saints, le sang versé pour Jésus-Christ devait remplacer pour lui l'eau baptismale.

A peine le président ou Gouverneur des Gaules fut-il arrivé à Nantes, que les deux frères furent conduits l'un après l'autre à son tribunal. Ils demeurèrent inébranlables devant les menaces et les promesses du président, qui ordonna de les renfermer dans une étroite prison, pour être conduits le lendemain au supplice. Rien n'est touchant comme le récit de cette dernière nuit, que les deux frères passèrent dans les chaînes.

« Le bienheureux Rogatien, lisons-nous dans les actes de leur martyre, s'attristait à la pensée qu'il n'avait pas eu le temps de recevoir la grâce baptismale ; mais il crut que le baiser de son frère, déjà enfant de la sainte Eglise catholique, lui tiendrait lieu du Baptême. Donatien, comprenant ce qui causait la peine de son frère, fit à Dieu, pour lui, cette prière : Seigneur Jésus, qui nous tenez compte de nos désirs aussi bien que de nos actions ; vous qui vous contentez de notre bon vouloir, quand nous n'avons point le pouvoir de le mettre à exécution ; vous nous laissez, en effet, la liberté de notre volonté ; mais la souveraine puissance pour agir vous est réservée à vous seul. Faites que pour votre serviteur Rogatien la pureté de sa foi remplace le Baptême ; et si, demain, nous avons le bonheur de mourir sous le glaive, faites que l'effusion de son sang soit pour lui l'onction sainte du sacrement de la Confirmation. Ayant achevé cette prière de la bouche et du coeur, ils passèrent la nuit dans les veilles, et, quand le jour parut, il les trouva dans l'attente et des tourments du supplice et des récompenses du Seigneur ».

Conduits de nouveau devant le tribunal du président, ils lui firent cette belle réponse : « Nous sommes prêts à accepter, pour le nom de Jésus-Christ, tout ce que la colère du bourreau pourra inventer. Ce n'est pas perdre la vie que de la rendre à celui de qui nous la tenons et qui nous couronnera dans l'éternité d'une gloire surabondante ». Alors, les deux jeunes martyrs furent livrés au bourreau et cruellement tourmentés sur le chevalet. On leur enfonça dans la gorge une lance de soldat et on leur coupa la tête. « C'est ainsi, ajoutent les actes de leur martyre, qu'ils parvinrent à la gloire préparée par Jésus-Christ à ses élus : le bienheureux Donatien gagna l'âme de son frère, et son frère mérita la couronne du martyre. Donatien lui procura le salut et Rogatien devint la palme de son triomphe ».

Les chrétiens enterrèrent les corps des saints martyrs non loin du lieu où ils avaient souffert la mort pour Notre-Seigneur Jésus-Christ. Quand la liberté fut assurée à la religion chrétienne, ils élevèrent en cet endroit un tombeau, et plus tard une église, qui existait déjà au cinquième siècle, et qui, plusieurs fois restaurée ou reconstruite, est devenue aujourd'hui l'église paroissiale de Saint-Donatien. Les reliques des saints martyrs furent solennellement transportées dans l'église cathédrale, au onzième siècle. Nous trouvons mentionnés, dans un catalogue des Reliques de la cathédrale, dressé à la fin du siècle dernier, le chef de saint Donatien et le bras droit de saint Rogatien. Ce qui a pu être sauvé de ces restes sacrés, pendant la Révolution, est conservé aujourd'hui dans deux châsses d'argent, à l'église de Saint-Donatien. Quelques fragments sont aussi conservés à la cathédrale, dans la châsse de bronze doré où sont déposées les reliques de Saint Emilien, évêque de Nantes, et de Saint Hermeland, abbé du monastère d'Indre. Deux croix placées dans la rue Saint-Donatien, indiquent l'emplacement où les Enfants Nantais souffrirent le martyre. Ces croix existaient déjà au dix-septième siècle et sont mentionnées par les Bollandistes comme des monuments de la tradition nantaise, sur le lieu du supplice de nos martyrs.

De temps immémorial, saint Donatien et saint Rogatien sont honorés comme les patrons de la ville et du diocèse de Nantes. Jusqu'à la Révolution, leur fête était chômée dans tout le diocèse. Leur titre de Patrons a été de nouveau reconnu et confirmé par le Souverain Pontife, en 1857, quand l'Eglise de Nantes a repris la liturgie romaine (Mgr. Richard).

 

Texte extrait du site www.infobretagne.com