Sainte Suzanne et St François

Sainte Suzanne et Saint François d'Assise

Réalisation juillet 2019

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Les Saintes Femmes Myrrophores

 

Le troisième dimanche de Pâques, nous célébrons la fête des saintes femmes Myrophores; nous faisons aussi mémoire de Joseph d'Arimathie, secret disciple du Seigneur; et nous y ajoutons le souvenir de Nicodème, qui venait de nuit pour écouter Jésus.

Les saintes femmes Myrophores offraient la myrrhe au Christ défunt: à leur mémoire j'offre encore une hymne en guise de parfum.

Ces femmes furent, les premières, témoins de la Résurrection, des témoins véridiques; Joseph et Nicodème furent témoins de l'ensevelissement: tout cela est très important et résume parfaitement le dogme chrétien. Nicodème fut exclu de la synagogue pour
n'avoir pas voulu prendre le parti des Juifs. Joseph, après avoir enseveli le corps du Seigneur, fut jeté par les Juifs dans une fosse, mais il en fut tiré par divine puissance et s'en fut dans son pays d'origine, Arimathie: alors qu'il s'y trouvait, le Christ lui apparut et
confirma pour lui le mystère de la Résurrection.

Malgré tout ce qu'il souffrit de la part des Juifs, il ne put passer ce mystère sous silence, mais hardiment il fit connaître à tous ce qui s'était passé. On dit aussi que Nicodème fut le premier de tous à donner par écrit des détails sur la Passion du Christ et sur sa
Résurrection, parce qu'il était de la synagogue et qu'il connaissait très exactement absolument tout des décisions prises par les Juifs et de leurs paroles. Et, comme nous l'avons dit, pour cette raison qu'ils furent les témoins véridiques de l'ensevelissement, ils ont pris place avec les Femmes qui ont vu la Résurrection. Après la première confirmation apportée par Thomas, voici donc la seconde, qui arriva, dit-on, huit jours après.

Certes, ce sont les femmes qui, les premières, ont vu la Résurrection et l'ont annoncée aux Disciples. I1 fallait en effet que le sexe féminin, le premier qui succomba au péché et reçut comme héritage la malédiction, vît aussi le premier la Résurrection et le premier reçût l'annonce de la joie, lui qui s'était entendu: dire: “Tu enfanteras dans les douleurs.» On les appelle Myrophores pour la raison suivante: comme c'était la fête de Pâques, le sabbat auquel préparait ce vendredi était un grand jour; aussi Joseph et Nicodème se hâtèrent d'ensevelir le corps du Seigneur. Selon la coutume juive, ils l'enduisirent d'aromates, mais pas exactement comme il fallait. Ils répandirent principalement de la myrrhe et de l'aloès, l'enveloppèrent d'un linceul et le déposèrent dans le sépulcre. Pour cela les femmes, en raison de l'amour ardent qu'elles nourrissaient comme ses disciples envers le Christ, achetèrent du parfum de grand prix, se rendirent de nuit, ensemble, par peur des juifs, mais aussi parce que c'était l'usage, pour les femmes, d'aller ensemble, très tôt, pour le pleurer et l'embaumer, pour achever ce qui par manque de temps n'avait pu être accompli. Lorsqu'elles furent arrivées, elles eurent différentes visions: elles virent les deux Anges resplendissants à l'intérieur du tombeau, un autre assis sur la pierre; après quoi elles virent le Christ et se prosternèrent devant lui. Quant à Madeleine, elle l'interrogea comme si c'était le jardinier.

Il y eut de nombreuses Myrophores, mais les Évangélistes, ne faisant mention que des plus importantes, ont passé les autres sous silence. Les voici donc. La première de toutes est Marie Madeleine, dont le Christ avait chassé sept démons. Après l'Ascension du Christ, elle s'en fut à Rome, à ce qu'on dit, et livra Pilate et les grands prêtres à une nouvelle mort en rapportant à l'empereur Tibère les faits concernant le Christ. Plus tard, elle mourut à Ephèse et fut ensevelie prés de Jean le Théologien. Sous Léon le Sage, son corps fut transféré à Constantinople.

La seconde fut Salomé: elle était fille de Joseph, celui qui devint plus tard l'époux de Marie. Elle-même, elle fut mariée à Zébédée, et c'est d'elle que naquirent Jacques et l'évangéliste Jean. Joseph eut quatre fils: Jacques, celui qu'on appelle le Mineur, José, Simon et Jude; et il eut trois filles: Esther, Thamar et Salomé, l'épouse de Zébédée. Ainsi, lorsque dans l'Évangile on entend parler de Marie, mère de Jacques (le Mineur) et de José (ou Joseph), on doit penser qu'il s'agit de la Mère de Dieu, car elle fut considérée (selon la loi) comme la mère (on dirait de nos jours la belle-mère) des enfants de Joseph. I1 s'en suit que l'évangéliste Jean était le «neveu» du Christ, puisque fils de sa “sœur» (demi-sœur) Salomé.

La troisième myrophore, c'est Jeanne, la femme de Khouzas (ou Khouza), qui était intendant et administrateur de la maison du roi Hérode.

La quatrième et la cinquième étaient Marie et Marthe, les sœurs de Lazare. 

La sixième était Marie, femme de Cléophas; les uns disent Clopas, d'autres Cléopas. 

La septième était Suzanne. Toutes les autres étaient, comme le rapporte saint Luc (avec Matthieu et Marc), des femmes qui servaient le Christ et ses Disciples, en les aidant de leurs ressources.

Puisqu'elles ont annoncé la Résurrection et contribué à former beaucoup de nos enseignements, du fait qu'elles ont garanti et certifié la Résurrection du Christ, l'Église de Dieu nous a transmis l'usage de les fêter après Thomas, comme les premières qui ont vu le Christ ressuscité des morts et qui ont annoncé à tous le message du salut, qui ont mené d'excellente façon la vie chrétienne et, comme il convenait à des femmes, se sont mises à l'école du Christ. 

Par les prières des saintes Myrophores, Christ notre Dieu, aie pitié de nous et sauve-nous. Amen.

 

Texte extrait du site www.forum-orthodoxe.com