Face Outragée de Jésus-1

La Face outragée de Jésus

Réalisation août 2019

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Sainte Véronique

De Jérusalem à Bordeaux, en passant par Soulac

 

L’épisode du Voile de Véronique (Vera Ikon – image vraie en grec) n’apparaît pas chez les Evangélistes mais dans l’évangile apocryphe de Nicomède au Vème siècle. Elle serait la femme que le Christ guérit de ses hémorragies et qui intervint devant Pilate pour prendre sa défense lors de son procès.

Elle aurait essuyé la face du Christ, ou, selon d’autres récits, c’est le Christ lui-même qui aurait appliqué le voile sur son visage ensanglanté. Véronique, reprenant le linge, découvrit alors que le visage du Christ s’était imprimé sur celui-ci.

Le précieux linge conservé par elle fut désigné en grec sous le nom de veronicon (en latin : veraeffigies) vrai visage du Christ. Cette femme s’appelait Veronique ou Berenice. La scène dut se passer devant de sa maison. On en a conservé le souvenir dans une des stations du chemin de croix.

A partir de ce moment-là le destin de Véronique diverge selon les légendes.

Véronique, aurait été appelée à Rome par l’empereur Tibère qui était malade : elle y aurait apporté le linge sur lequel était imprimée la Sainte Face et au contact de cette relique, l’empereur aurait été guéri. Au moment de sa mort Véronique aurait confié le voile au Pape, Saint Clément. Benoît XIV dit que l’exactitude du fait a été contestée parce que toute l'antiquité a ignoré le nom de Véronique ; le nom ne figure pas au martyrologe romain corrigé par Baronius. En somme, la venue de Véronique à Rome tient à deux faits non prouvés : le désir de l’empereur Tibère qui veut voir JESUS puis une lettre d’Abgar d’Edesse, qui en vue de le convertir lui envoie avec sa lettre, l’image de Jésus.

Cette tradition est attestée au 14ème siècle : Baronius l’insère dans ses annales sous l’année 34 ; on institue une fête avec une messe spéciale dans le missel ambrosien, mais Saint Charles Borromée supprime cette messe. Le nom de Véronique ne figure pas dans les anciens martyrologes ni dans ceux du Moyen Age ; on ne le trouve pas inscrit dans le martyrologe de Galesinius, on ne l’a pas inscrit dans le martyrologe romain.

Selon les visions de Catherine Emmerich Véronique apporta la Sainte Face à Tibère pour le guérir de sa maladie. Récompensée par l’empereur elle retourna à Jérusalem où elle fut emprisonnée et mourut de faim dans sa cellule.

Dans la tradition des Gaules, Véronique d'après une tradition bien établie, serait née dans le Sud Ouest, est une des Saintes Femmes, dans la région de Bazas qui accompagnèrent le Christ dans sa montée au Calvaire.

Ayant épousé Zachée, le collecteur d’impôts qui, sous le nom d’Amator, se retira dans un ermitage devenu Roc Amadour, Véronique se retira à Soulac ou elle mourut en 70 après y avoir fondé un oratoire dédié à la Vierge Marie dans lequel elle déposa une relique du lait de la Vierge. Cette chapelle fut à la base de l'actuelle Basilique Notre Dame de la Fin des Terres. Les reliques de Sainte Véronique, se trouvent à Bordeaux, dans la Basilique Saint Seurin où elles furent apportées au moment de l'invasion normande. L'on peut actuellement vénérer ses reliques dans la chapelle Saint Fort de la Basilique Saint Seurin.

 

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La dévotion à la Sainte Face

(tirées d’un livret publié avec imprimatur en 1959)

 

La dévotion à la Sainte Face a pour but principal de rendre à la Face adorable de Jésus-Christ défigurée dans la Passion, des hommages de respect et d’amour ; de réparer les blasphèmes et la violation du dimanche qui l’outragent de nouveau ; enfin, d’obtenir de Dieu la conversion des blasphémateurs et des profanateurs du saint jour.

Cette touchante dévotion, que Notre-Seigneur semble avoir instituée Lui-même le jour de Sa mort, en imprimant miraculeusement Ses traits ensanglantés sur le voile de Véronique, a toujours été connue et pratiquée dans l’Eglise. Le saint voile, conservé précieusement à Rome dans la basilique Vaticane, y est entouré d’honneurs et de marques de confiance. Plusieurs fois l’an, on l’expose à la vénération des fidèles. Les Souverains Pontifes ont accordé de nombreuses indulgences à ceux qui visitent pieusement cette relique insigne.

Plusieurs saints et saintes se sont distingués par leur piété envers la divine Face et en ont retiré toutes sortes de fruits de grâces pour le salut ; nous citerons parmi les personnes mortes en odeur de sainteté, la Soeur Marie de Saint-Pierre, carmélite de Tours, la Mère Marie-Thérèse, fondatrice de la congrégation de l’Adoration Réparatrice, enfin le vénéré M. Dupont, l’infatigable propagateur du culte de la Sainte Face. Cette dévotion a pris en ces derniers temps un développement considérable. C’est un souffle de l’Esprit-Saint qui semble passer sur tout l’univers catholique, c’est un remède providentiel offert au monde pour combattre les ravages de l’impiété et se prémunir contre les fléaux de la divine justice.

Les magnifiques et consolantes promesses de Notre-Seigneur, confirmées par une heureuse expérience, montrent combien la dévotion à la Sainte Face est agréable à Dieu et utile à tous les chrétiens. Que de succès dans les affaires, que de lumières surnaturelles, que de conversions inespérées, que de grâces de choix obtenues par ce moyen ! En particulier, que de guérisons merveilleuses opérées par la vertu de l’huile qui brûle constamment à Tours devant la vénérable image.

Il est à remarquer que Notre-Seigneur, en aucune partie de Son Corps adorable, n’a souffert autant de mauvais traitements, d’outrages et d’ignominies qu’en Son aimable Visage. Aucune circonstance de la Passion n’a été aussi clairement annoncée par les Prophètes, ni aussi minutieusement rapportée par les Evangélistes. Tous ces détails n’ont pas été consignés dans l’Ecriture sans un dessein particulier de Dieu. Ils nous exhortent éloquemment à donner, entre les différents mystères de la douloureuse Passion du Rédempteur, une place à part aux humiliations et aux douleurs de Sa Très Sainte Face.

Chrétiens, qui avez à coeur la gloire de Dieu et le salut du prochain, avec une confiance absolue, priez devant l’image de la Face sanglante et humiliée de votre Sauveur. En réparation de toutes les impiétés du monde, offrez au Père adorable cette Face avec Ses tristesses, Ses larmes, Ses meurtrissures, Ses plaies, Son sang, Ses ignominies. Par là, vous apaiserez la colère de Dieu, vous obtiendrez la conversion de vos frères égarés, vous contribuerez puissament au triomphe de l’Eglise et au salut de la patrie, et vous participerez aux magnifiques récompenses que promet Notre-Seigneur.

 

Promesses faites par Notre-Seigneur Jésus-Christ

en faveur de tous ceux qui honoreront Sa Sainte Face

(promesses données à Sainte Gertrude, Sainte Mechtilde et Soeur Marie de Saint-Pierre)

 

1 –  « Ils recevront en eux, par l’impression de Mon humanité, un vif éclat de Ma divinité, et ils en seront éclairés au fond de l’âme, de sorte que, par la ressemblance de Mon Visage, ils brilleront plus que beaucoup d’autres dans la vie éternelle » (Sainte Gertrude, « Insinuations » livre I, chap. VII).

2 – Sainte Mechtilde demandant à Notre-Seigneur que ceux qui célèbrent la mémoire de Sa douce Face ne soient jamais privés de Son aimable compagnie, Il répondit : « Pas un d’eux ne doit être séparé de Moi » (Sainte Mechtilde, « de la grâce spirituelle » livre I, chap. XIII).

3 – « Notre-Seigneur, dit la Soeur Marie de Saint-Pierre, m’a promis d’imprimer dans les âmes de ceux qui honoreront Sa Très Sainte Face, les traits de Sa divine ressemblance » (21 janvier 1847). « L’image de cette face adorable est comme le cachet de la divinité qui a la vertu de réimprimer, dans les âmes qui s’appliquent à Elle, l’image de Dieu » (6 novembre 1845).

4 – « Vous obtiendrez par la dévotion à l’image de Ma Sainte Face le salut de beaucoup de pécheurs. Par cette offrande, rien ne vous sera refusé. Si vous saviez combien la vue de Ma Face est agréable à Mon Père ! » (22 novembre 1846).

5 – « Tous ceux qui s’appliqueront à honorer Ma Sainte Face en esprit de réparation feront en cela l’office de la pieuse Véronique » (27 octobre 1847).

6 – « Selon le soin que vous aurez de réparer Mon portrait défiguré par les blasphémateurs, de même J’aurai soin du vôtre qui a été défiguré par le péché ; J’y imprimerai Mon image et Je le rendrai aussi beau qu’il était au sortir des fonts du baptême » ( 3 novembre 1845).

7 – « Notre-Seigneur m’a promis, dit encore la Soeur Saint-Pierre, pour tous ceux qui défendraient Sa cause en cette oeuvre de réparation, par paroles, par prières ou par écrits, qu’Il défendrait leur cause devant Son Père ; à leur mort, Il essuiera la face de leur âme, en effaçant les taches du péché, et leur rendra leur beauté primitive » (12 mars 1846).

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Le miracle du 6 janvier 1849

 

Le samedi 6 janvier 1849, se produisit dans la Basilique Saint-Pierre au Vatican un prodige qui a été relaté par le journal de la Basilique et fut confirmé par le Pape Léon XIII dans un bref daté du 1er octobre 1885.

Pour bien comprendre ce qui se passa il importe d’abord de se remettre dans le contexte historique.

A cette date, le Bienheureux Pape Pie IX se trouvait en exil à Gaëte, dans le Royaume de Naples. L’année 1848, en effet, avait vu se succéder des révolutions dans toute l’Europe. Rome – capitale des Etats de l’Eglise – n’avait pas été épargnée par le ferment révolutionnaire et par les troubles : c’est ainsi que le 15 novembre 1848, Pellegrino Rossi  – ministre de  l’intérieur et des finances, qui jouissait de l’entière confiance de Pie IX -,  avait été lâchement assassiné. Le Souverain Pontife voyait les troubles grandir et ne se sentait plus en sûreté. La volonté de poursuivre son ministère spirituel en toute indépendance l’avait finalement contraint à quitter Rome ; il était allé demandé protection et asile auprès des Souverains de Naples. Cet exil dura 17 mois. Pendant ce temps, de manière assez fréquente, le clergé et les fidèles de Rome organisaient dans les diverses églises de la Ville Eternelle des cérémonies ferventes pour demander à Dieu la fin des troubles et le retour du Pape.

La deuxième chose qu’il faut savoir (ceux qui sont allés à Rome et ont eu une visite guidée de la Basilique Saint-Pierre s’en souviennent peut-être), c’est que la Basilique Saint-Pierre ne renferme pas seulement la tombe du Prince des Apôtres, mais qu’au cours des siècles son « trésor » a été enrichi d’importantes et précieuses reliques au nombre desquelles on compte une part importante du Bois de la Sainte Croix (amené de Jérusalem par l’impératrice Sainte Hélène), le fer de la lance avec lequel le centurion a ouvert le côté du Christ mort (découvert grâce à un miracle, en 1099, par Adhémar de Monteil dans une église d’Antioche de Syrie où le reliquaire avait été emmuré par crainte des profanations sarrasines, puis oublié), et le voile de la pieuse femme qui, sur le chemin du Calvaire, avait essuyé le visage ensanglanté du Christ.

Ce voile avait reçu le nom de « veronica », contraction et latinisation de veron ‘ikon, que l’on peut traduire par « image véritable ».

Malgré les assertions infondées d’un certain nombre d’historiens et de chercheurs qui veulent à tout prix – et au mépris d’une tradition fermement établie – que l’image qui se trouve sur le linceul de Turin soit à l’origine de la « légende » de Sainte Véronique, je persiste à affirmer qu’il s’agit bien de deux images miraculeuses différentes.

La tradition les distingue bien en effet :

1) d’une part, le linceul – actuellement conservé à Turin mais fut vénéré à Constantinople jusqu’au moment de l’odieuse mise à sac de la ville par les croisés (en avril 1204) – sur lequel se trouve une image en trois dimensions, « projetée » sur le linge, et qui reste totalement inexpliquée dans l’état actuel des sciences ;

2) et d’autre part le linge avec lequel cette courageuse hiérosolymite, prise de compassion, essuya la sueur, le sang et les crachats mêlés à la poussière qui souillaient le visage du Sauveur. Sur ce voile, il s’agissait probablement d’une empreinte laissée par  les matières épongées lors du contact direct (et non d’une projection). Il s’agissait de ce fait d’une image « déformée ». Vous obtiendrez quelque chose de semblable si vous vous barbouillez la figure avec de la suie et que vous vous essuyez ensuite avec un linge : en l’appliquant sur toute la surface du visage, vous obtiendrez  ensuite votre propre portrait, mais vos traits  seront déformés par une espèce d’amplification, puisque tous les contours de ce qui est en relief se retrouveront développés à plat.

De très anciennes traditions, dont on ne veut plus tenir compte aujourd’hui, nous rapportent que l’empereur Tibère avait entendu rapporter certaines choses sur ce Jésus qui, même au-delà de la mort, recrutait des disciples et opérait des miracles. Alors qu’il se trouvait très malade et que ses médecins étaient impuissants à lui rendre la santé, il avait appris qu’une image réputée miraculeuse du Christ était en possession d’une femme, parmi ses disciples. Il la fit donc rechercher et venir à son chevet ; il entendit de sa bouche le récit de la Passion du Sauveur et recouvra la santé en contemplant son image, cette veron ‘ikon, dont le nom finit par être donné à la femme qui avait bénéficié du miracle.

Le voile miraculeux resta donc à Rome où il est réputé demeurer aujourd’hui encore. Il n’est plus guère exposé à la vénération des foules de nos jours, mais j’ai eu l’occasion de rencontrer un vieux cordelier qui l’avait vu de près sous le règne de Pie XII et m’a expliqué que l’image figurant sur le voile était tellement estompée qu’elle était devenue presque imperceptible à l’oeil.

Le samedi 6 janvier 1849 donc, les chanoines de la Basilique Vaticane, ainsi qu’une foule de fidèles, étaient à genoux en présence des Reliques Majeures solennellement exposées. Tous purent soudain observer que sur la « véronique », l’image estompée devenait de plus en plus nette et reformait le visage vivant de Notre-Seigneur Jésus-Christ : les déformations en avaient disparu, parce que les amplifications dues à l’applatissement des traits avaient retrouvé leur relief ! C’était bien le visage de l’Homme des douleurs décrit par Isaïe, non pas dans l’apaisement de la mort comme il apparaît sur le linceul, mais saisi comme par un instantané dans le cours du chemin de la Croix.

En 1849, les pèlerins présents dans la Basilique Saint-Pierre n’avaient bien évidemment pas avec eux d’appareils photographiques pour  immortaliser cette manifestation miraculeuse (j’emploie à dessein ce mot de manifestation, puisque le 6 janvier est la fête de l’Epiphanie, mot dérivé du grec et qui signifie justement  manifestation – au sens d’apparition -, et que nos frères chrétiens d’Orient nomment encore plus explicitement ce jour « Théophanie », c’est à dire manifestation de Dieu). Le seul moyen dont on disposait pour garder le souvenir et propager l’image de ce miracle fut donc la gravure : selon les déclarations des témoins, un graveur tenta de rendre les traits de l’apparition et l’on procéda à des impressions (non seulement sur papier mais aussi sur tissu) de l’image ainsi obtenue. Ces reproductions furent données par les chanoines de la Basilique Vaticane avec un certificat d’authenticité portant le sceau de cire rouge du Chapitre.

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En France, Monsieur Léon Papin-Dupont, surnommé le saint homme de Tours, reçut une de ces reproductions et l’installa à la place d’honneur dans son salon, bientôt converti en oratoire. En effet les grâces, physiques et spirituelles, obtenues en priant devant cette image et en invoquant la Sainte Face de Notre-Seigneur Jésus-Christ, se multiplièrent rapidement, conformément aux révélations qu’avaient reçues, quelques années auparavant, dans cette même ville de Tours, une carmélite du nom de Soeur Marie de Saint-Pierre. Une confrérie de prière fut établie dans l’oratoire de Monsieur Dupont et il est intéressant de noter que la famille Martin se fit inscrire sur les registres de cette confrérie. La petite dernière, Thérèse, fut profondément marquée par cette dévotion, très implantée au Carmel de Lisieux, et choisit en conséquence de porter en religion le nom de Soeur Thérèse de l’Enfant Jésus de la Sainte Face…

Nous terminerons donc l’évocation de ce miracle en publiant l’une des prières à la Sainte Face écrite par celle qu’un Pape a désignée comme « la plus grande sainte des temps modernes » :

Ô Jésus, qui dans votre cruelle Passion êtes devenu ’’l’opprobre des hommes et l’homme de douleurs’’, je vénère votre divin visage, sur lequel brillaient la beauté et la douceur de la divinité,

maintenant devenu pour moi comme le visage d’un ’’lépreux’’ ! Mais sous ses traits défigurés, je reconnais votre amour infini et je me consume du désir de vous aimer et de vous faire aimer de tous les hommes. Les larmes qui coulèrent si abondamment de vos yeux m’apparaissent comme des perles précieuses que j’aime à recueillir, afin d’acheter avec leur valeur infinie les âmes des pauvres pêcheurs.

 Ô Jésus, dont le visage est la seule beauté qui ravit mon coeur, j’accepte de ne pas voir ici-bas,

la douceur de votre regard, de ne pas sentir l’inexprimable baiser de votre bouche sainte ; mais je vous supplie d’imprimer en moi votre divine ressemblance, de m’embraser de votre amour, afin qu’il me consume rapidement et que j’arrive bientôt à voir votre glorieux visage dans le Ciel. Ainsi soit-il.

 

Textes extrait du site http://leblogdumesnil.unblog.fr