Notre Dame des Cordeliers de Bordeaux

Notre Dame del Populo

 

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Grande Taille

Réalisation janvier 2018

 

 

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 Petite Taille

Réalisation août 2018

 

Icônes disponibles sur demande

 

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Origine de l’icône de Notre Dame del Populo

 

En 1453 à Constantinople, était vénérée une icône de la Sainte Vierge, sous le vocable de Notre Dame du Peuple (« Del Populo »). À cette époque, les Ottomans allaient envahir la capitale de l’Orient. Marie répandit beaucoup de larmes, et, s’adressant aux fidèles qui priaient, consternés, à ses pieds, elle leur dit d’un ton suppliant : « Mes enfants, les hordes musulmanes vont saccager ce temple. Mon image sera profanée et détruite ; emportez-moi, de grâce, afin que j’échappe à leurs sacrilèges attentats ».

Et, se faisant bien légère, Notre Dame del Populo se laissa transporter par les Chrétiens, ou plutôt, les entraînant elle-même par une force surnaturelle, la Madone les conduisit aux portes de Rome. Là, devenant immobile et d’un poids extraordinaire, la Sainte Image ne voulut plus avancer. En ce lieu s’élevait un couvent de religieux Augustins ; c’était la demeure choisie par le Vierge miraculeuse. On l’y déposa, et la ville tout entière ressentit aussitôt les effets de ce patronage béni.

 

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Dans l'église des Cordeliers de Bordeaux

 

L’église du Couvent des Cordeliers de Bordeaux appelé aussi Couvent de la Grande observance, fut construite en 1247, et était dédiée à Notre Dame, Saint François et Saint Edouard. C’était une église à trois nefs, qui contenait de nombreux autels. L’un d’entre eux, très célèbre et but de pèlerinages, était dédié à Notre Dame del Populo, que les gens appelaient familièrement Notre Dame des Cordeliers. A une époque que nous ignorons, mais qui semble être très probablement au début du XVIe siècle. La plus ancienne date que nous trouvons dans les archives départementales, concernant la chapelle de Notre Dame del Populo de l’église des Cordeliers, est 1529. donc, en tout cas, la tradition rapporte qu’un religieux Cordelier de Bordeaux pendant un pèlerinage à Rome fut attiré dans la chapelle des Augustins par le récit des miracles qui y avaient lieu.

S’y rendant, tandis qu’il priait devant la Madone del Populo, une inspiration lui vint : Pourquoi à Bordeaux ne bénéficierait-elle pas du même patronage de Marie que Constantinople et Rome ? Il se obtient une image la plus ressemblante que possible de Notre Dame del Populo, la fait toucher à l’antique reproduction et, fier de son acquisition, revient à son couvent de Bordeaux. Et La, commencèrent une série de nouveaux miracles.

La sainte Image était composée de vêtements d’une tête en pierre fixée dans le mur ; un long et riche vêtement suppléait au corps de la statue.

En 1793, les révolutionnaire saccagèrent l’église des Cordeliers. Une pieuse dame, aidée d’une jeune fille voulut soustraire l’image de la Vierge de la profanation. Se faisant fi des menaces, elles entrèrent dans l’église conventuelle ruinée, sous les yeux des pilleurs, elles escaladèrent les décombres amoncelés, parvinrent à l’autel de Notre Dame del Populo. Bien que scellée, dans le mur, la tête se détacha sans résistance en semblant dire : « Je suis contente que vous me tiriez de là ». Elles purent l’emporter sans que personne ne leur opposa la moindre résistance.

 

 Au Carmel de Talence

 

Après avoir recueilli chez elle pendant un demi siècle le précieux dépôt, la dame le remis vers 1842 aux Carmélites en leur imposant une condition : c’est que l’antique Vierge serait honorée dans leur chapelle. Elles s’empressèrent donc de faire élever un autel à la Madone et l’y exposer à la vénération des fidèles. De nouveau, Marie y prodigua ses faveurs. On peut encore, de nos jours, voir, près de la statue, des ex-votos témoignant des grâces reçues.

En 1893, on organisa une grande fête pour le centenaire de son sauvetage des décombres. On invita de tous côtés en particulier les dames de la halle. Les religieuses façonnèrent un corps à la statue, le bourrant de paille et le vêtirent richement. La tête miraculeuse ne fut pas retouchée, gardant encore l’empreinte des ravages du temps.

Le 20 octobre, elle fut placée dans la chapelle. Lorsque la Communauté fut exilée en Espagne, la statue fut confiée à une famille. Elle repris sa place dans la chapelle au retour de la communauté après les expulsions de 1903. Elle y resta jusqu’aux années 90, où elle fut placée dans un couloir extérieur à la clôture des moniales, sous vitrine, à la vénération des fidèles.

 

L’icône de Notre Dame des Cordeliers

 

L’antique statue de Notre Dame del Populo, qui nous l’avons vu, était populairement appelée « Notre Dame des Cordeliers » étant elle-même une copie fidèle de l’icône l’icône originale de Notre Dame del Populo, vénérée à Rome. Lors du saccage du couvent des Cordeliers de Bordeaux, pendant la révolution française, de pieuses mains ne purent en sauver que la tête. Cette icône s’inspire, à son tout, donc de l’icône Romaine, dans le même l’esprit que le Frère Cordelier qui en avait lui-même réalisé une copie pour son Couvent de l’Observance de Bordeaux.

Cette icône est du type Vierge Hodigitria, c’est à dire « Conductrice » Hodigitria veut dire en grec : « Je conduit ». Ce type de représentation, directement inspiré de l’icône de la Vierge Marie que la tradition dit avoir été peinte par Saint Luc, occupe une place primordiale dans l'iconographie. Une très ancienne tradition rapporte que c’est l’icône l’icône Salus Populi Romani, emblème des Journées Mondiales de la Jeunesse, conservée à la Basilique Sainte Marie Majeure de Rome qui fut peinte par Saint Luc. Malgré la douzaine d’icônes dites peintes par l’apôtre, Salus Populi Romani est la plus ancienne qui soit. Je me plais à penser que cette belle tradition symbolise en fait le vrai visage de Marie que nous a donné Saint Luc dans son Evangile : point besoin de dire que c’est dans son Evangile que l’on y parle le plus de la Mère de Dieu…

Les abréviations grecques MP OY, signifient Marie Mère de Dieu et IC XC, Jésus-Christ. L'inscription Mater Dei ex Gentibus, signifie « Mère de Dieu des Peuples »

Les Bordures rouges symbolisent la Miséricorde de Dieu qui entoure et englobe toute chose. Sur les icônes,  le rouge est la couleur de la chaleur, de l'amour, de la vie, de l'énergie vivifiante. Le rouge est donc en conséquence la couleur de la Résurrection, victoire de la vie sur la mort. Les Caractères écrits en rouge symbolisent donc la vie qui a été donnée pour Dieu et la victoire du Christ sur la mort.

Le jaune ocre se trouvant en arrière fond symbolise la lumière. Dans la tradition iconographique, Saint Denis l’Aéropagite ne classe pas la couleur jaune n’est pas classée parmi les couleurs symboliques. Il le considère comme étant trop proche de l'or, qui est égal à la lumière, pour avoir une symbolique propre. L'or que l’on voit dans les auréoles, symbolise la lumière divine.

La Vierge nous montre d’un geste, son Fils. Ce geste nous dit : « Faites tout ce qu’Il vous dira », et aussi : « C’est Lui le Chemin, suivrez-Le ».

La Vierge est habillée à la façon des impératrices byzantines. Par rapport à l’icône originale, les couleurs du vêtement sont plus claire car le bleu foncé domine dans l'iconographie, la symbolique reste la même : la couleur bleue, exprime le détachement vis-à-vis du monde et l'envol vers Dieu ; elle est signifie du mystère de la vie divine,

Les bagues que porte Marie sur chaque main, ainsi que l’étoile sur le front, nous rappellent que Marie est Fille du Père, Mère du Fils et Epouse de l’Esprit.

L’étoile sur le front de la Vierge, reproduit un symbole syriaque de virginité, il devait certainement y avoir deux autres étoiles, en principe sur les épaules de la vierge, que les restaurations successives de l’icône originale de Notre Dame del Populo ont perdues (Originalement, ces étoiles étaient brodé sur le voile nuptial des princesses de Byzance), rappelant la virginité de Marie, avant, pendant et après l'enfantement.

L’Enfant est habillé de la pourpre royale et envoie un geste de bénédiction à sa Mère, tout en nous regardant, semblant nous faire comprendre que toutes les prières adressées à sa Mère sont écoutées et plus sûrement exaucées. l’autre main, posée sur celle de sa Mère, nous invite à faire confiance en la Vierge, car elle est un refuge sûr.

Le pourpre évoque l'idée de la richesse, c'est un produit importé et onéreux. Cette couleur évoque la puissance et est un témoignage de consécration. Le pourpre apparaît comme couleur des plus hautes dignités chez beaucoup d'auteurs anciens (Homère, Ovide). Dans la Bible, dans le Livre de Daniel, (5, 7, 16, 29), nous lisons que Balthazar ordonne de revêtir Daniel de pourpre. Dans le Nouveau testament, dans l’Evangile de Luc (16, 19), dans le récit parabole de L'homme riche et le pauvre Lazare, le riche est vêtu de pourpre et de fin lin.

À Byzance ce symbolisme coloré de la puissance était largement utilisé. La production des étoffes pourpres était d'ailleurs le monopole de la cour impériale. Dans le monde grec le pourpre est chargé d'ambivalence. C'est la couleur des divinités infernales et elle a une certaine affinité avec la mort. Dans l'iconographie l'aspect menaçant de l'Antiquité semble disparaître.

Le vêtement vert de l’Enfant symbolise le renouveau renouveau spirituel et évoque aussi l’équilibre qui en est issu.

Le visage de l’Enfant, représenté avec les traits d'un adulte, symbolise sa sagesse divine et de son destin déjà accompli de passion et de mort)

La présence de la Corde Franciscaine, sur l’icône, à un double sens, outre la Corde de l’Ordre Franciscain avec les 3 nœuds symbolisant les 3 vœux, (on pourrait également aussi penser aux trois Ordres Franciscains). Cette corde évoque bien évidemment les Cordeliers, dont le nom populaire venait de « Corde liée », la corde évoque enfin et surtout l’union des 3 anciennes fraternités de Bordeaux Saint Michel, Sainte Claire et Saint Louis, en une seule : Notre Dame des Cordeliers. Les trois unies sur une seule corde, trois noeuds sur une seule corde, chaque ancienne fraternité représentée par un nœud, et la nouvelle par la Corde… Pour reprendre l’expression que l’on entend souvent dans notre Famille Franciscaine, voici là donc... Une belle cordée… !!!

 Plusieurs exemplaires de cette icône ont réalisées en 2018, bénies et remises aux autorités religieuses du Diocèse de Bordeaux et de la Famille Franciscaine à l’occasion de le Messe de l’érection canonique de la Fraternité Notre Dame des Cordeliers.

 

Page publiée en janvier 2018, mise à jour le 20 août 2018